L’individu au centre de l’économie numérique

Nous étions, samedi dernier, les invités de l’émission de Xavier de La Porte sur France Culture.

Vous pouvez réécoutez l’émission Place de la toile consacrée à L’Âge de la multitude en cliquant ICI.

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    « L’économie de la multitude » dans « ParisTech Review »

    Richard Robert nous a interviewés pour la revue en ligne ParisTech Review :

    La multitude, c’est vous, c’est nous, ce sont les utilisateurs, qui se précipitent en essaim sur un service ou un produit, et qui peuvent s’en éloigner tout aussi vite. La multitude est puissante, mais elle n’est pas captive. Faire levier de la multitude, c’est aujourd’hui le cœur de la puissance.

    ParisTech Review « publie, sur des sujets d’intérêt mondial, des articles reflétant une pensée rigoureuse, libre et pénétrée par le sens de l’intérêt collectif. ParisTech Review vise à être un véritable laboratoire où se construit, sur les sujets majeurs de notre époque et autour des innovations technologiques, un débat honnête et rigoureux, dénué de toute référence idéologique ou politicienne.« 

    Cliquez ICI pour lire l’interview dans son intégralité. Ou encore ICI pour la découvrir en anglais.

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      « Facebook, the perfect startup » : FaberNovel et la communication à l’ère de la multitude

      Mercredi dernier, FaberNovel, la société d’aide à l’innovation de Stéphane Distinguin (@fano) a mis en ligne une étude très complète sur Facebook : the perfect startup.

      En moins de 24 heures, ce document a attiré plus de 150.000 visites sur son site, généré plus de 1000 tweets et été embedded sur plus de 100 blogs, dont des sites aussi prestigieux que Techcrunch ou Frenchweb.

      Le matériau en valait la peine : l’étude est remarquable.

      Mais ce qui nous intéresse, pour ce blog, c’est de mesurer à quel point cette stratégie est véritablement une stratégie de communication de l’ère de la multitude.

      Il y a dix ans, FaberNovel, pour avoir un tel impact, aurait probablement du accomplir un travail classique de presse, voire de publicité dans la presse.

      Il y a cinq ans, FaberNovel travaillait selon une logique de blog.

      Aujourd’hui, FaberNovel a réussi à mobiliser à son profit la force de la multitude.

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        Facebook, application immobile

        Pourquoi continuons-nous à appeler téléphone quelque chose qui nous sert de moins en moins à téléphoner ? Un smartphone est plus un ordinateur de poche qu’un téléphone intelligent. L’iPod Touch, assez méconnu mais néanmoins bien vendu, témoigne du fait que la téléphonie n’est même plus indispensable au succès de ces ordinateurs de poche. Sur nos smartphones, la téléphonie n’est plus qu’une application parmi des centaines de milliers !

        Les lecteurs de ce blog savent qu’une plateforme doit être révélée par une première application. La téléphonie est  la killer app qui nous a révélé une plateforme d’un genre nouveau, une plateforme dont la principale ressource est un accès privilégié à notre intimité. Henri et moi écrivons dans « L’Âge de la multitude » (p. 105) que…

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          Les réseaux sociaux, auto-organisation de la multitude

          Atlantico m’a demandé quels étaient les réseaux sociaux du futur. J’ai préparé pour eux la tribune ci-dessous, à paraître demain, et dont voici la version non éditée en exclusivité dès ce soir pour les lecteurs de ce blog.

          Le social networking est devenu tangible avec Facebook, qui nous rend un service singulier : recréer en ligne notre vie sociale, nous connecter à nos amis. Facebook a plus d’utilisateurs identifiés que n’importe quelle autre application dans l’histoire du numérique. Elle va continuer à grandir, mais va rester prisonnière de sa proposition de valeur : le networking entre amis. Bien sûr, beaucoup d’utilisateurs de Facebook ont une acception large de la notion d’amitié et finissent par élargir leur graphe social à des centaines voire des milliers de personnes. Il est probable que Facebook même encourage cette tendance, avec l’objectif non dit que tout le monde soit un jour connecté à tout le monde. Mais la notion d’amitié reste au centre de Facebook. Or on n’interagit pas de la même façon ni dans les mêmes termes avec tous ses amis. Surtout, on n’interagit pas qu’avec ses amis.

          Beaucoup des interactions sociales de notre quotidien ne sont pas avec nos amis mais avec des interlocuteurs professionnels, de vagues relations qui partagent certains engagements ou centres d’intérêt, voire de parfaits inconnus. Ce dépassement de son cercle d’amis est encore plus vrai dans l’univers numérique, qui abat les frontières de notre intimité et lève les inhibitions qui affectent nos interactions sociales. Sur Internet, il est beaucoup plus facile d’aborder des inconnus, de dire ce qu’on a sur le coeur, de s’emporter, de s’enthousiasmer. Sur Internet, nous sommes tous des Jerry Maguire ! C’est d’ailleurs l’objet d’une vieille plaisanterie : « Sur Internet, personne ne sait que vous êtes un chien« . Il est donc plus facile de dépasser son cercle d’amis et de nouer des relations sociales sous d’autres prétextes que l’amitié. Bien des opportunités restent donc à explorer sur le marché du social networking.

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            « L’Âge de la multitude » dans « Soft Power » sur France Culture

            J’étais ce soir invité par Frédéric Martel pour discuter de la multitude, de sa puissance et de son importance stratégique pour les organisations.

            C’était dans l’émission « Soft Power« , sur France Culture : retrouvez le PODCAST de l’émission en cliquant ICI (interview à 33′) !

            Également à l’antenne : Emmanuel Paquette, Florent Latrive, Frédéric AllaryJulien Chièze.

            Cc @martelf – Merci @tcorbucci – Crédits photo @HenriVerdier

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              Amazon, Google, Facebook : l’art de la guerre à l’âge de la multitude

              J’ai traduit, à l’attention des lecteurs de ce blog, un texte lumineux de Steve Yegge sur les stratégies de plateforme. Comme nous le relatons dans L’Âge de la multitude (p. 133),

              Le 11 octobre 2011, Steve Yegge, ingénieur informatique, ancien collaborateur d’Amazon désormais employé par Google, publiait par erreur sur son compte Google+ un billet passé depuis à la postérité sous le titre Stevey’s Google Platforms Rant – ou « La harangue de Stevey sur Google et les plateformes ». Vite retiré par son auteur, dont l’intention n’était que de haranguer ses collègues chez Google et non le monde entier, le billet est néanmoins demeuré accessible à tous car il avait entretemps été reproduit et partagé par des centaines d’experts et de développeurs, instantanément passionnés par la discussion ébauchée.

              Le texte de Steve Yegge, apparemment une discussion pointue d’architecture logicielle (…), est en réalité une lumineuse leçon de stratégie industrielle. Il nous permet de mieux comprendre comment, à partir d’une exécution parfaite du geste du designer, une stratégie adaptée permet d’établir durablement une position dominante sur tout un marché. »

              Le texte de Steve Yegge a été pour moi une révélation. Il éclaire de façon limpide les stratégies respectives de Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft. Il permet de deviner les règles d’engagement que suivent ces champions du numérique pour défendre leurs invraisemblables positions sur des marchés gigantesques.

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                L’administration comme plateforme – Une feuille de route

                L’administration comme plateforme existe déjà : en Estonie. Elle nous paraît à nous bien lointaine et irréaliste. La promesse est pourtant simple : le même service public peut être rendu de maintes façons différentes, pour s’adapter à certains publics ou à certains territoires. Tony Blair faisait cette promesse il y a vingt ans sans encore parler d’administration électronique : des services pour tous, des prestations personnalisées.

                Après la révolution numérique, la multitude est la mieux placée pour concevoir et réaliser ces mille et une façons de rendre les services publics. Pour lui en donner les moyens, l’administration doit mettre à disposition des ressources qu’elle est seule à détenir, pour que la multitude s’en empare. Ces ressources sont des données bien sûr, mais aussi du code logiciel : par exemple des services d’authentification, de paiement, de communication sécurisée, de géolocalisation, de stockage de données. Bref, du cloud computing. Et tout cela mis à disposition par l’intermédiaire d’une application programming interface, ou API. (Ou par l’intermédiaire d’un protocole, merci Hadrien :-)

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                  Éloge des designers

                  Dans Les Échos paraît aujourd’hui un éditorial de David Barroux intitulé « L’ingénieur et le commerçant« . Tout est fait pour que les lecteurs du grand quotidien économique se reconnaissent dans cet éditorial : certains ont fait des écoles d’ingénieur (c’est mon cas), d’autres ont fait des écoles de commerce. Chacun peut découvrir entre les lignes sa contribution à l’innovation et à la croissance :

                  Pour le consommateur, l’ingéniosité de l’ingénieur vaut autant que l’agressivité commerciale du vendeur. Le premier tire l’innovation et fait naître de nouveaux besoins. Le second les rend accessibles en cassant les prix et en démocratisant l’accès.

                  Pour les salariés, les contribuables ou un pays en général, l’ingénieur est (…) plus fondamental que le commerçant. Le savoir-faire du premier contribue à faire naître un marché que le second fera prospérer, mais, sans le génial inventeur, nos sociétés manquent des briques de base capables de tirer notre marché du travail comme notre croissance.

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                    Positions dominantes et marchés précaires

                    Atlantico m’a soumis quatre questions autour du thème de la fragilité des géants du numérique. Je reproduis ci-dessous ces questions et mes réponses, à l’attention des lecteurs du blog de L’Âge de la multitude :

                    Les entreprises telles Lycos ou MySpace peuvent-elles survivre à un changement de génération ?

                    Les utilisateurs d’Internet sont comme des enfants : ils s’enthousiasment très vite, mais ont tôt fait de se lasser et de s’échapper ailleurs. Il sont si sollicités qu’il est difficile de capter leur attention. Ils utilisent Internet dans leur intimité, une sphère dans laquelle ils tiennent à conserver – et c’est normal – une maîtrise absolue de ce qui se passe. Des entreprises comme Lycos ou Myspace sont probablement vouées à disparaître car, pour des raisons diverses, elles n’évoluent pas assez vite ni assez fort pour continuer à captiver leurs utilisateurs. Tandis que Facebook surprend et passionne par la mise en ligne fréquente de nouvelles fonctionnalités, par l’évolution continue de son interface, par l’intensité des interactions entre ses utilisateurs, ces entreprises plus anciennes sont comme figées, monotones et vite périmées.

                    En reprenant les exemples d’Amazon et Google, est-il possible pour une entreprise de rattraper les failles initiales d’un modèle économique ?

                    Bien sûr. Jeff Bezos, PDG d’Amazon, s’est aperçu très tôt d’une faille gigantesque de son modèle économique : la diminution de ses marges. Lorsque vous faites de la vente de détail en ligne, l’intensité de la concurrence vous oblige à baisser les prix, à rogner vos marges. Pour préserver sa rentabilité, un e-commerçant est condamné à croître sans cesse ou à disparaître. Un article fameux de 1999, écrit par le grand éditorialiste du New York Times Thomas Friedman, identifiait bien cette faille du modèle économique d’Amazon et prédisait sa disparition prochaine. Mais Amazon n’a pas disparu, parce que Bezos a pressenti le danger et a transformé radicalement son modèle économique : en quelques années, il a imposé à ses équipes la transformation de toute son infrastructure informatique en une architecture orientée services, puis a mis ces services à la disposition du marché. Avec Amazon Web Services, Amazon a généré une nouvelle source de revenus à partir d’une infrastructure existante, et s’est même payée le luxe de continuer à y pratiquer des faibles marges.

                    Facebook a montré sa lenteur de réaction quant à la prise de conscience de l’importance du surf sur les portables… Est-il trop tard ?

                    Cette lenteur de réaction est la conséquence de contraintes technologiques. Un portable est doté d’une interface beaucoup plus petite qu’un ordinateur. La qualité de la connexion est bien inférieure : elle est plus lente, souvent coupée en cours de navigation. C’est pourquoi, sur un téléphone portable, il est beaucoup plus agréable d’utiliser une app au périmètre fonctionnel restreint qu’une application aussi riche et dense que celle que propose Facebook. Le succès des App Stores n’a pas d’autre explication : sur un téléphone, une application ne peut utiliser qu’un nombre limité de ressources et doit rendre un service bien circonscrit et optimisé. Sur le Web, c’est différent : une expérience peut s’appuyer sur des centaines de services différents, dont elle mélange les ressources d’une infinité de manières, avec une porosité très grande entre applications. C’est d’ailleurs une limite des applications mobiles : remarquablement conçues et réalisées, mais cloisonnées et aux ressources limitées. HTML5 permet d’adapter le Web aux terminaux mobiles et de recréer cette profondeur qui fait la richesse de la navigation sur Internet. Mais les connexions restent de mauvaise qualité, la navigation est lente et met à l’épreuve la patience des utilisateurs.

                    Facebook qui achète Instagram prouve qu’ils ont conscience de cette prise de retard… Cela suffira-t-il ?

                    Il y a probablement de ça. Facebook est une application inventée pour une utilisation depuis un ordinateur. Elle est riche, large, extrêmement personnalisée, en temps réel, elle se ramifie profondément dans Internet. Il n’y a pas de Facebook sans les liens partagés qui nous emmènent vers d’innombrables ressources ailleurs sur le Web. Cette expérience unique est difficile à transposer sur mobile : lorsque vous cliquez sur un lien dans Facebook, votre iPhone ouvre un navigateur Web et tente péniblement de charger une page qui, bien souvent, n’a pas été optimisée pour s’afficher sur un si petit écran. Facebook excède donc purement et simplement les capacités fonctionnelles et techniques des téléphones portables. Pour cette raison, les dirigeants de Facebook ont peut-être conclu qu’ils devaient découper l’expérience Facebook en une collection de mini-applications indépendantes, au périmètre fonctionnel beaucoup plus restreint. L’une de ces applications, c’est le partage de photographies. Et la meilleure application sur ce marché, c’est Instagram.

                    NC

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